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COMMUNIQUE :
CONDAMNATION D’UN DIRECTEUT DE PUBLICATION
D’UN JOURNAL HEBDOMADAIRE KURDE PAR UN TRIBUNAL EN IRAN
Le 17 octobre 2005, le tribunal de
Sanandaj (chef-lieu du Kurdistan iranien) a condamné M. Mohammad
Sadigh KABOUDVAND, directeur de publication de l’hebdomadaire
« Payam-e mardom-e Kurdistan » (Message de la population du
Kurdistan), à une année et six mois de prison ferme et cinq années
d’interdiction de toute activité journalistique pour « propagation
d’idées à caractère ethnico – racial et publication de fausses
nouvelles ».
Les autres chefs d’accusation portés par
le procureur général, lors de ce procès, contre M. Kaboudvand :
1 – encouragement de filles kurdes à
rejoindre les forces de la résistance kurde ;
2 – dénonciation du mariage
traditionnel, en le qualifiant d’exploitation de la femme ;
3 – accusant l’Etat de la république
islamique d’Iran d’être impliqué dans l’assassinat des dirigeants
kurdes (dirigeants du Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran) ainsi
que dans celui des meurtres en série des dissidents et des
intellectuels iraniens ;
4 – accusant la république islamique
d’être impliqué dans l’assassinat de M. Farough Farsad. De même,
d’avoir organisé une cérémonie à la mémoire de ce dernier ;
5 – accusant la république islamique de
discrimination ethnico – raciale. De même, qualifiant la Constitution
iranienne de raciste et les dirigeants iraniens d’anti – kurde et
contre les minorités en les considérant comme des étrangers en
fomentant la discorde et l’animosité entre ces dernières ;
6 – accusant la république islamique
d’avoir gardé la population kurde dans l’exclusion et la pauvreté
économique ;
7 – accusant le régime de la république
islamique du génocide culturel et économique de la population kurde
ainsi que de la propagation délibérée de la toxicomanie au Kurdistan,
notamment parmi la jeunesse kurde,
8 – accusant le régime iranien d’avoir
délibérément contaminer le barrage de Sanandaj (fournissant l’eau
potable de la ville de Sanandaj avec une population estimée à plus de
700,000 personnes), comparant cet acte avec la bombe atomique larguée
contre la ville de Hiroshima ou les bombes chimiques larguées par le
régime de Saddam Hussein contre la ville kurde d’Halabja. De même,
d’avoir inviter les instances internationales, notamment l’ONU à
envoyer des experts pour vérification.
9 – accusant le régime iranien de
pratiquer la torture et son utilisation systématique dans les locaux
de l’appareil de justice, de sécurité et de forces de l’ordre ;
10 – le choix de titres incitatifs
tels : « Les peshmerga sont le symbole de la fierté et de l’honneur du
peuple », « interdire l’entrée de l’armée au Kurdistan », « expulsion
des travailleurs dans les régions kurdes », « pour le gouvernement
kurde unifié », «le gouvernement fédéral du Kurdistan », « les Kurdes
n’acceptent pas d’être les citoyens de deuxième degré » et « pourquoi
les Kurdes d’Iran ne devraient pas servir de modèle ? ».
Il est à préciser que M. Kaboudvand a
été jugé en l’absence de son avocat, puisque celui-ci n’est autre que
M. Abdolfattah Soltani, arrêté depuis juillet 2005 sur l’ordre de Saïd
Mortazavi, procureur général de Téhéran.
Par ailleurs, en juin 2004, suite à la
plainte déposée par l’office de renseignements secrets(Ettelaat) de la
province du Kurdistan, M. Kaboudvand avait déjà fait l’objet d’un
harcèlement de la par de la justice locale. Il avait en effet été
arrêté et entendu par le tribunal de Sanandaj pour « propagation
d’idées à caractère ethnique et publication de fausses nouvelles ». A
la suite de cette arrestation, le journal avait été fermé et son
numéro 13, qui était sous impression, avait été confisqué par les
services de renseignement secret L’hebdomadaire : Payam-e mardom-e
Kurdistan, un journal indépendant et non gouvernemental publié en
langues kurde et persane, était distribué dans les régions kurdes (
dans les quatre provinces : Azerbaïdjan occidental, Kurdistan,
Kermanshah, Ilam ».
Il est à noter que M. Kaboudvand est le
responsable de l’organisation de défense des droits de l’homme au
Kurdistan d’Iran, fondée le 9 avril 2005. C’est donc à double titres
que la république islamique d’Iran sanctionne l’intéressé à savoir,
non seulement en tant que journaliste couvrant les différents
événements affectant la population kurde en Iran, mais surtout, en tan
que défenseur des droits de l’homme, dénonçant les atteintes
quotidiennes aux droits et à la dignité de la personne humaine portées
par le régime iranien.
Malheureusement, M. Kaboudvand fait
partie d’une longue liste de journalistes, de défenseurs des droits de
l’homme, d’intellectuels et de militants politiques arrêtés au
Kurdistan d‘Iran, en particulier depuis les événements tragiques des
mois de juillet et août 2005, où les manifestations pacifiques de
protestation de la population kurde étaient réprimées dans le sang et
où 17 personnes parmi les manifestants avaient été tuées par les
forces de l’ordre et des centaines d’autres blessées et plus de 1000
arrêtées.
Aussi nous appelons tous les démocrates
et toutes les organisations de défense de droits de l’homme à réagir
et condamner fermement les agissements inhumains et liberticides de la
république islamique d’Iran.
Le silence tue.
Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran
Bureau des Relations Internationales
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